CONVENTION

MOTS DE LA CGT PAPETERIE de ROUEN

Le départ avancé pour les travaux pénibles n'est pas une question de compassion, c'est une lutte majeure contre l'inégalité au travail, face à la maladie et face à la mort.

« Plutôt souffrir que mourir », c'est la devise des hommes, écrivait la Fontaine dans la Mort et le Bûcheron. Avec ce que prépare le gouvernement, et ce n'est pas une figure de style, ce sera souffrir et mourir. On connaît généralement le différentiel d'espérance de vie entre les ouvriers et les cadres. Sept ans. Une donnée dans les statistiques. Une terrible inégalité devant la mort elle-même. On connaît moins cet autre chiffre. Dans l'état actuel des choses, la probabilité pour les ouvriers de mourir avant 65 ans est de 26 %, un peu plus d'un quart. Ils sont bien mal informés ou ils ont le cynisme bien trempé ceux qui, à l'instar de Dominique Strauss-Kahn l'autre jour à France 2, glosent sur une espérance de vie portée à cent ans. On nous serine le refrain en permanence des pays d'Europe voisins où la retraite est repassée à 65, voire 67 ans. Eh bien à 65 ans, avant d'atteindre la retraite, si elle était reportée jusque-là dans notre pays, un million et demi d'ouvriers seraient déjà morts. Ils ne connaîtront jamais une vie sans travail. La solidarité a laquelle ils auront contribué pendant toute une vie de labeur ne leur servira à rien. Ils auront payé pour les autres, il n'y aura rien à leur payer.

Les Misérables !

Woerth annonce les grands traits d'une contre-réforme que les médias présentent comme acquise. Un putsch anti-social.
L'âge de départ à taux plein est repoussé à 67 ans, l'âge légal à 62 ans.
Rien sur l'emploi, ni pour les jeunes ni pour les seniors.
Le financement ? Rien, sinon des impôts nouveaux frappant les couches moyennes.
Les fonctionnaires frappés comme le privé.
Le scénario gouvernemental : le projet Woerth n'est amendable que jusqu'à vendredi soir 18 juin. Deux jours ! Le projet de loi verrouillé, non négociable, sera présenté au conseil des ministres le 13 juillet.

1. Le projet Woerth consiste à porter le système par répartition au bord du gouffre.
L'âge de départ à taux plein est porté à 67 ans, l'âge légal à 62 ans. Aucune des causes qui frappent le système solidaire n'est traitée :
· Aucune mesure sur l'emploi, alors que les emplois industriels et publics continuent d'être détruits massivement. Toujours moins d'emplois, toujours moins de cotisations. Voilà le but de l'opération.
· Aucune mesure contre la précarité qui affecte de plus en plus les salariés, ce qui les amène à des carrières incomplètes. Cette réforme les éloigne encore plus de l'espérance d'une retraite.
· Aucune mesure de financement par la taxation des opérations spéculatives et financières.
· Aucune mesure remettant en cause la masse des exonérations de cotisations patronales.
· Le bouclier fiscal est quasiment intact.
Comme ces mesures ne soutiennent pas le système par répartition mais accentuent son déséquilibre, à court terme, les conditions seraient créées pour passer d'un système par répartition intentionnellement rendu non viable au système par épargne individuelle (capitalisation).
C'est le but de l'opération Woerth Fillon 2010
2. Le niveau des pensions
Les réformes précédentes (1993, 2003 et 2008) ont inscrit au coeur du système une baisse programmée du niveau relatif des pensions. En 1995, selon les chiffres du COR, le taux de remplacement moyen (niveau de retraite par rapport au dernier salaire) était de 79 %. Il est passé à 72 % en 2007 et devrait tomber à 65 % en 2020 et 59 % en 2050.
Pourquoi ? La réforme de 1993 a instauré la prise en compte des salaires des 25 « meilleures » années pour le calcul de la pension, salaires qui plus est indexés sur l'inflation. L'allongement de la durée de cotisation requise pour une pension à taux plein (de 40 à 41 ans en 2012) accentue encore la tendance.
La réforme 2010 renforcerait cette tendance pour les plus précaires, les salariés ayant des carrières incomplètes : ceux-ci seront soit obligés de travailler jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite à taux plein, soit d'avoir une retraite minorée en cas de départ anticipé. S'ils ne se retrouvent pas au chômage avant de partir à la retraite : déjà, aujourd'hui, six salarié sur dix sont hors emploi au moment de liquider leur pension.
C'est là toute la réforme : sans modification fondamentale du marché du travail, un recul de l'âge de départ à la
retraite ne fera qu'accentuer la tendance, transférant ainsi la charge des retraites sur celle de l'assurance chômage.
3. Ni les vieux ni les jeunes
Le laminage continu du niveau des pensions conduirait nombre de retraités à occuper des petits boulots pour
boucler les fins de mois. La multiplication des vieux travailleurs pauvres, voilà le paysage qui se dessine si cette
réforme passe.
Dans le même temps, les jeunes n'ont pas la moindre garantie d'accéder à un travail dans un contexte où leur
certitude de n'avoir pas de retraite serait confortée. D'où leur réflexe de s'enfoncer dans l'endettement tout au
long de la vie, par des crédits immobiliers qui les garrottent pendant 30 ou 40 ans.

Un peu d'histoire

Un siècle de congés payés1906 : Le dimanche devient un jour de repos

1936 premiers congés payés (15 jours) et passage de la semaine de 48 heures à 40 heures.

1956 troisième semaine de congés payés

1969 quatrième semaine de congés payés

1982 cinquième semaine de congés payés la durée hebdomadaire de travail passe à 39 heures

2000 passage à la semaine de 35 heures  (loi Aubry).

CPN sur l'aménagement et l'organisation du temps du travail

Lors de la préparatoire, les participants ayant reçu le texte modifié par la FILPAC l'approuvent en quasi-totalité.
Les débats ont été plutôt intéressants avec des points bloquants clairement identifiés.
Sur la durée du travail la FILPAC a demandé que ce ne soit pas 1607 heures mais que soit détaillé le jour de solidarité soit 1600 heures plus 7 heures (jour de solidarité).
Concernant l'astreinte, la position de la FILPAC est de ne pas intégrer un tel article dans cet accord car l'astreinte n'est pas une revendication de notre organisation.
Pour nous cette disposition va ouvrir " des portes " à certaines entreprises pour dégrader encore plus les conditions de travail.
Sur les heures supplémentaires la FILPAC réitère son opposition à voir le quota passer à 220h, elle est restée sur la position de 130h en deux paliers (90 et 40).
Sur ce point UNIPAS semble avoir un mandat clair : faire le forcing pour augmenter le quota. En général toutes les Organisations sont assez fermes sauf FO qui se dit ouverte.
La FILPAC a insisté sur ce point : 220 h représentent 1,5 mois de travail en plus dont les entreprises profitent grâce à la " défiscalisation et désocialisation " des cotisations par le gouvernement. Elles mettent en place les heures supplémentaires qui ont un coût inférieur, tout en appauvrissant nos systèmes sociaux et publics.
Sur les conventions au forfait annuel ou en jour, le débat a porté sur les catégories de salariés qui peuvent y être soumis.
Pour la FILPAC comme pour les autres OS seuls les cadres d'un certain niveau doivent se voir proposer cette organisation de travail.
Pour l'organisation du temps de travail la FILPAC demande que les accords découlent de négociations avec les syndicats et que soit mise en place, comme le prévoit le code du travail, une commission de validation des éventuels accords négociés par les IRP.
Concernant la durée du travail hebdomadaire, la FILPAC souhaite qu'elle soit abaissée avec un minima et que les limites pour les travailleurs de nuit soient intégrées dans le texte.
Que le continu et le nombre de postes pour ce rythme de travail, soient : 198 postes de 8h.
Enfin que l'accord stipule les pauses et temps d'habillage et déshabillage pour les salariés en équipes.
Pour la durée annuelle la FILPAC veut que le maximum soit 1600h + éventuellement 7h pour la journée de solidarité. Pour les amplitudes hebdomadaires la FILPAC veux garder celles de l'accord de 1999 soit mini 28h et maxi 44h.
Pour la " modulation " la Filpac demande que les règles soient claires et que les délais de prévenance soient respectés tant pour la programmation indicative annuelle que pour les changements de celle-ci (soit 2 mois et minimum 7 jours).
Sur les exceptions, elle ne veut surtout pas que cela soit un fourre tout au bon vouloir des patrons. Il faut que cela soit cadré et uniquement lié à des problèmes de sécurité.
De plus la FILPAC, suivie par les autres OS veut conserver les 4 jours de repos liés à la mise en place de modulation dans les entreprises. Sur ce point les patrons contestent bien sûr.
UNIPAS veut plus de souplesse tant en terme de repos quotidien que de repos hebdomadaire. Bien entendu le vent de la flexibilité, à son comble, souffle sur le discours  patronal.
Il semble que ce point soit un point de blocage.
Pour les équipes de suppléance, les patrons souhaitent donner des règles au sein de la C/C. La FILPAC ne voit pas d'intérêt à réécrire le code du travail. Au premier abord, ce n'est pas le point de vue de certaines autres OS. Devant cette situation la FILPAC demande que cette nouvelle dérogation soit encadrée le plus possible et que les heures effectuées dans cette organisation soient majorées de 100%.
Pour le Compte Epargne Temps la FILPAC insiste sur le fait que cela ne soit pas un palliatif à une reconnaissance de la pénibilité.
Pour la situation des accords d'entreprise antérieurs,  la FILPAC demande que ceux-ci soient sécurisés afin que les durées et organisations du  travail ne soient pas remises en cause. UNIPAS ne semble pas contre sauf pour le nouveau contingent d'heures supplémentaires.